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Philippe Roch

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Une nouvelle constitution pour Genève

Une nouvelle constitution pour Genève

Prendre de la hauteur

 

Le peuple genevois a décidé de se donner une nouvelle constitution. En 1387 l’évêque Adémar Fabri accordait à Genève ses franchises, en fait une constitution qui établissait les droits fondamentaux des citoyens de s’organiser par eux-mêmes et de ne plus dépendre du pouvoir absolu de l’évêque (la clé de nos armoiries) ni de l’empereur (l’aigle). En 1847, après l’ère napoléonienne et la restauration, la révolution fazyste a doté Genève d’une nouvelle constitution pour libérer les citoyens du pouvoir accaparé par quelques riches familles conservatrices et créer les institutions politiques et judiciaires qui prévalent encore aujourd’hui.

 

On peut légitimement se demander quels sont les changements de notre époque qui justifient la création d’une nouvelle constitution. Les temps ne sont pas à la révolution, mais il y a un sentiment profond et diffus dans la population que nous ne pouvons pas continuer à vivre comme nous le faisons sans être confrontés bientôt à de graves problèmes sociaux, économiques et environnementaux. Il y a à mon avis trois raisons principales qui justifient le projet d’une nouvelle constitution pour Genève.

 

La région

 

Genève a toujours eu des relations complexes avec sa région, mais les frontières ont empêché la constitution d’une véritable entité culturelle et économique entre Annecy, Bellegarde, Gex, Annemasse, Thonon et Genève. Aujourd’hui l’ouverture des frontières et l’extrême mobilité qui permet à des milliers de personnes de parcourir des dizaines, voire centaines de kilomètres chaque jour entre leur domicile et leur lieu de travail a complètement changé la situation. Or  à part quelques balbutiements de collaboration, nous ne disposons  pas de structures politiques, sociales et économiques qui permettent d’accompagner cette réalité d’un minimum de rationalité et d’organisation. Bien sûr Genève ne peut pas seule créer une base constitutionnelle pour l’ensemble de la région, mais la nouvelle constitution doit créer les bases politiques pour permettre une telle démarche. Ma vision de la Genève de 2050 est celle d’une région dotée d’institutions communes de gestion du territoire, de la mobilité, des services sociaux et de la culture.

 

L’environnement

 

La beauté du paysage et la qualité de l’environnement sont des atouts majeurs de la qualité de vie et de l’économie genevoises. Je suis le premier à regretter la dégradation de l’environnement à Genève, le grignotage de la zone agricole, la pollution de l’air et le bruit dus au trafic motorisé et la pression énorme sur les espaces naturels. Mais rendez-vous comme je l’ai fait récemment au Reculet, ou sur l’un des sommets environnants et vous constaterez que malgré la forte croissance et de nombreuses aberrations de l’aménagement du territoire, il reste encore de vastes espaces forestiers, agricoles et naturels dans le bassin genevois. Il est donc encore possible de conserver une haute qualité de vie si nous arrêtons les constructions absurdes qui gaspillent l’espace, que nous nous équipons d’un réseau dense et efficace de transports publics et que nous sauvegardons un espace agricole vivant et productif. Les cours d’eau en particulier peuvent former un réseau de nature relié aux vastes espaces sauvages des flancs de nos montagnes.

 

Les valeurs

 

La troisième chance que nous donne l’élaboration d’une nouvelle constitution est de répondre au vide des valeurs que vit notre société. L’affaiblissement des grandes familles religieuses et civiques et la fuite en avant d’une société de consommation vide de sens a libéré la population de contraintes parfois lourdes et injustes, mais notre époque n’a pas su les remplacer par des valeurs humaines, civiques ou morales et la société, en particulier la jeunesse semble errer dans un monde sans direction. Une constitution est l’occasion d’affirmer les valeurs fondamentales que nous voulons vivre dans notre société et de travailler ensuite à leur développement au sein des familles, de l’école et des institutions. La liberté de croyance et d’opinion n’est pas incompatible avec la reconnaissance de valeurs communes. Parmi ces valeurs que je verrai volontiers clairement inscrites dans notre constitution je pense au respect : respect de l’autre et de l’environnement. Je vois aussi la solidarité, la sobriété et le partage, l’épanouissement personnel, la formation et le rôle essentiel de la famille, sous ses formes les plus diverses. Et d’une manière générale lorsque nous inscrirons un droit, il faudra l’associer à une responsabilité.

 

Nous sommes devant une magnifique tâche. J’espère de tout cœur que la constituante ne se perdra pas en querelles politiciennes, qu’elle prendra de la hauteur et qu’elle sera capable de dessiner notre vision d’une Genève ouverte, prospère et écologique pour les cent prochaines années.

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