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Philippe Roch

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A propos du salon de l'automobile

Le Temple

Assis au sommet de la grande pyramide de Chichen Itza, je contemplais le pays Maya. Autrefois les populations empruntaient les chemins qui sillonnent la vaste forêt pour assister à des cérémonies religieuses au cours desquelles on procédait à des sacrifices humains.

Aujourd’hui je suis assis sur un autre temple, suisse et moderne celui-ci. Je contemple un immense réseau de chemins bétonnés et goudronnés sur lesquels des millions de gens s’affairent. Plus de 700'000 d’entre eux feront cette année un pèlerinage au Temple de l’Automobile. Les rites sont très semblables : il y a les plus hauts dignitaires politiques, les grands prêtres (les importateurs), de très nombreuses vierges qui entretiennent la dévotion des visiteurs envers le Graal. Chacun peut rentrer du pèlerinage avec une relique, qu’il va vénérer pendant toute l’année dans sa chapelle (son garage), choyer et nourrir (d’essence).

Autrefois les religions dictaient des règles de comportement de la communauté. Aujourd’hui c’est l’automobile qui dicte ses lois, impose ses voies, encombre les cités, envahit les campagnes et les montagnes, organise la vie du peuple et nous pompe notre air.

Et elle exige son tribut de sacrifices humains, bien plus nombreux que ceux des civilisations anciennes : pour la seule année 2005 409 morts et 26’754 blessés en Suisse, 32’900 morts et 1’571'000 blessés en 2004 pour l’Europe des 15.

Publié dans L'Illustré le 1er mars 2007

Et encore:

Le salon de la diversité

Le salon de l’automobile s’est ouvert à Genève. J’aime ce salon, qui enferme sept cent mille personnes dans un hangar, juste au moment où la nature s’éveille. J’en profite pour aller saluer les bourgeons, les premières fleurs, en douceur, sans être dérangé par tous ces fidèles du grand culte à la voiture.

Chez beaucoup de personnes, la fascination pour l’automobile dépasse largement leur intérêt pour la nature. Elles connaissent toutes les marques, souvent le nom de chaque modèle, et je me trouve parfois béat, parce que je ne saisis pas tout de suite dans une conversation ce que signifie Mégane, Quattro, Yaris, Cayenne, Ulysse ou encore Panda, qui me rappellent davantage des lieux, des animaux  et des personnes que des mécaniques.

Combien connaissez-vous d’espèces d’animaux et des plantes sauvages, nos cousins vivants, qui partagent la terre avec nous, l’embellissent et lui confèrent son équilibre ? Dressez une liste des voitures dont vous avez retenu la marque, ou même le petit nom, et en face, la liste des de mammifères, oiseaux, reptiles, batraciens, poissons, insectes et fleurs sauvages que vous connaissez. Si votre liste vivante dépasse la liste mécanique, vous êtes sur le chemin de l’écologie.

J’ai une suggestion à vous faire pour cette année: apprenez chaque jour le nom d’une espèce sauvage, regardez-la, si possible dans la nature, sinon dans un livre ou une video, et méditez sur sa beauté et sa place dans l’écosystème. A la fin de l’année, le monde sera devenu pour vous plus vaste, plus beau, plus riche, et encore plus passionnant.

Publié dans L'Illustré le 17 février 2010

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