Philippe Roch

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Moins bons que des microbes ?

La paramécie est un organisme unicellulaire qui mesure un dixième de millimètre. Elle vit dans l'eau stagnante et sert de nourriture aux alevins de tout petits poissons. Elle se reproduit par division cellulaire à la vitesse de trois ou quatre fois par jour. Une paramécie qui n'aurait pas d'ennemis, et une place illimitée, produirait une tonne de descendants en quinze jours. Sa descendance atteindrait la masse de la Terre en un mois. Incroyable, pour une si petite bête. La nature fait en sorte que cela n'arrive pas, et la paramécie est en équilibre avec l'eau et la nourriture disponibles et ses prédateurs. Ses populations fluctuent, mais elles ne détruiront jamais la planète.

Ne sommes-nous pas plus raisonnables que des paramécies ? Pourtant beaucoup d'entre nous pensent que l'humanité et ses activités économiques doivent croître sans fin. Toujours plus nombreux, toujours plus. Pourtant nous savons bien que les ressources et l'espace sont limités : les forêts tropicales disparaissent, le cycle de l'eau est perturbé, de nombreuses espèces sont menacées, les ressources dont nous dépendons s'épuisent. Nous nous entassons dans un monde appauvri. Pourquoi avons-nous tant de peine à changer d'objectifs, à vivre mieux avec moins, à stabiliser puis réduire la population humaine, à mieux partager pour ne pas gaspiller et à renoncer à certains comportements absurdes (nous pouvons facilement en dresser une liste personnelle) ? Si nous ne le décidons pas nous-mêmes, c'est la nature qui nous l'imposera, brutalement.

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